Union Nationale des Syndicats Autonomes
Union régionale de l’Île-de-France

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Colloque "Migrations en Ile de France"

jeudi 11 mai 2017, par Marc TRIGO

L’union Régionale Ile de France de l’UInsa a organisé le 3 mai un colloque en collaboration avec Solidarité Laïque sur le thème " Migrations en Ile de France... combattre les idées reçues."

Devant une salle attentive ce colloque s’est articulé autour de 3 moments ; d’abord un historique de l’immigration en France et dans notre région mettant l’accent sur l’apport des immigrés à la richesse de notre pays, puis une première table ronde traitant des droits des travailleurs migrants, travail, logement, santé.
Enfin une deuxième table ronde sur la jeunesse migrante, l’accès à l’éducation des enfants et jeunes migrants et à la formation professionnelle.

Cette deuxième table ronde a fait l’objet d’un article de presse que vous trouverez ci-dessous.

Quel accès à la formation pour les migrants en Île-de-France ?

> Auteur
Christelle Destombes

À l’occasion de son congrès, l’union régionale de l’Unsa [3] organisait mercredi 3 mai un colloque sur les migrations en Île-de-France. L’occasion de détailler certains dispositifs mis en place pour accompagner les réfugiés dans la Région, qui accueille 38 % des immigrés représentant 18 % de la population francilienne.

La Ville de Paris a pris dix-huit engagements en octobre 2015 pour affirmer la « mobilisation de la communauté pour l’accueil des réfugiés », dont le deuxième pilier traduit le soutien actif de la Ville à ses partenaires, principalement l’État, dans la conduite de leurs missions. Ce pilier comporte un engagement pour promouvoir l’accès à l’éducation et à la formation, qui bénéficie en majorité aux jeunes. La Ville a ainsi permis à 1 500 migrants pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE) d’accéder à la scolarité ou à une formation.
Pour faciliter l’intégration, l’offre d’apprentissage du français dans le cadre des parcours linguistiques à visée professionnelle a été densifiée grâce à un financement du fonds social européen (FSE), passant de 300 à 500 personnes, selon un bilan dressé en mars 2017. Une expérimentation a été menée avec l’Afpa qui héberge et forme 100 réfugiés, en partenariat avec la Préfecture, Pôle emploi et l’Opca du travail temporaire (Faf-TT). Depuis, l’Afpa a également créé un Mooc FLE (Français langue étrangère) pour faciliter l’apprentissage du français (lire notre article).
Ces initiatives sont bienvenues, mais parcellaires et invisibles. C’est l’impression qu’en retire Christine Savantre, conseillère nationale Unsa à la formation professionnelle. « L’accès à la formation professionnelle, c’est le parcours du combattant pour tout un chacun, note-telle. Comment le système prend-il en compte le mille-feuille des statuts des personnes migrantes ? Quelles initiatives interministérielles permettent une prise en charge globale des migrants dont la formation n’est qu’un élément ? Quelle reconnaissance des compétences ? » Autant de questions et de points de vigilance, comme la confusion parfois entretenue dans les schémas régionaux de lutte contre l’illettrisme où apprentissage du français langue étrangère se trouve parfois rapidement confiné. « Soyons vigilants quant à l’élaboration de ces schémas, car illettrisme et FLE ne ressortent pas du même champ ».
Une sensation partagée sur le terrain où les errances administratives des mineurs isolés étrangers (MIE) témoignent d’une complexité confinant à l’absurde. Aurélie Guitton, coordinatrice de la plateforme nationale InfoMIE, explique que les délais des procédures en Île-de-France empêchent les MIE en attente d’une évaluation de leur minorité d’accéder au droit commun de l’éducation. Pire, lorsqu’ils font une demande d’asile, ils se trouvent parfois empêchés d’accéder à des formations en alternance, le droit au travail leur étant interdit… Certaines Direccte bloquent tout projet d’accès à la formation professionnelle, témoigne-t-elle.
Pour Alain Seksig, responsable du Casnav [4] de Paris, les institutions s’adaptent au « casse-tête » des MIE. En 2015-2016, sur les 320 MIE présentés, 286 ont été scolarisés. Des structures ad hoc ont été créées dans les lycées professionnels, ainsi qu’une plateforme d’accueil inter lycées professionnels pour les jeunes de 17-18 ans.
Notes
[1] Union nationale des syndicats autonomes
[2] Centre académique pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de famille itinérantes et de voyageurs